A propos du travail de l’artiste

Mes tableaux représentent un fragment de ma vie quotidienne. Une routine que je capture à l’aide d’un appareil photo et que je trace par la suite sur une toile ou du papier.

J’utilise ma mémoire comme un outil indispensable pour placer les couleurs et recréer l’atmosphère d’un lieu que j’ai vu, d’une émotion, où d’un moment particulier dont j’ai été témoin.

Je veux peindre des lieux, des choses et des émotions avec une «impression de vérité ».

Cette impression ne repose pas nécessairement sur l’abstraction ou la figuration, l’esthétique d’une forme ou d’un sujet, mais sur la réalité d’une expérience faisant de l’œuvre un langage quasi vernaculaire.

Avec le temps, j’ai commencé à considérer mes tableaux d’un point de vue linguistique, interprétant les formes et les couleurs comme une sorte d’alphabet, transformant l’art en un autre langage. Il peut être vu partout et les artistes sont ceux qui arrivent à le parler. Mon travail consiste à faire l’effort d’apprendre ce langage en utilisant mes propres expériences afin d’établir une communication entre l’art produit, l’artiste et ceux qui regardent. Un langage personnel en somme, que je souhaite compréhensible par tous.

Vingt années de tableaux inachevés, de dessins corrigés, et un travail qui me mènera à Nagasaki au Japon, me seront nécessaires pour enfin trouver mon langage artistique.

O'kunchi. J.Harms. 2012.

Là-bas, ne parlant presque pas la langue et lisant très peu le japonais, je comparai ma situation à celle d’un individu sourd, aveugle et muet. Incapable de comprendre les gens, incapable de lire les panneaux et incapable de communiquer sans interprète.

Ce n’est que plus tard que je compris à quel point ce fut une bénédiction car, que me restait-il à voir d’autre que les lignes et les couleurs, la base de toute approche artistique ?

Ce qui était naturel et sans grand intérêt pour les habitants, prendra aussi un sens particulier à mes yeux. Les nombreux fils électriques par exemple, couvrant la ville, zigzaguant au-dessus de la tête des habitants, seront pour moi comme autant de fils de pêcheurs, et les habitants des poissons colorés. On les retrouve d’ailleurs dans ma série consacrée à Nagasaki où ils occupent une place importante;

De retour en France, entourée par des espaces familiers, je vais rechercher ces lignes si facilement repérables au Japon, et les trouverai bien présentes.

Circulez. 2012. Julie Harms.

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