A propos du travail de l’artiste

Julie Harms peint des lieux qu’on ne regarde plus vraiment, ou qui sont devenus invisibles car trop familiers à nos yeux. Elle illustre le plus souvent ses pérégrinations, dans des petites villes de province et ailleurs.

“Montrer ce que l’on ne regarde plus.” 

20 années de tableaux inachevés, de dessins corrigés, et un travail qui la mènera à Nagasaki au Japon, un pays aux traditions et au mode de vie très différents, lui seront nécessaires pour enfin trouver son langage artistique.

O'kunchi. J.Harms. 2012.

O’kunchi. J.Harms. 2012.

Là-bas, ne parlant presque pas la langue et lisant très peu le japonais, elle comparera sa situation à celle d’un individu sourd, aveugle et muet. Incapable de comprendre les gens, incapable de lire les panneaux et incapable de communiquer sans interprète.

Plus tard, elle réalisera à quel point ce fut une bénédiction car, que lui restait-il à voir d’autre que les lignes et les couleurs ? La base de toute approche artistique.

Ce qui était naturel et sans grand intérêt pour les habitants, prendra un sens particulier à ses yeux. Les nombreux fils électriques par exemple, couvrant la ville, zigzaguant au-dessus de la tête des habitants, seront pour elle comme autant de fils de pêcheurs, et les habitants des poissons colorés. On les retrouve d’ailleurs dans sa série consacrée à Nagasaki où ils occupent une place importante;

De retour en France, entourée par des espaces familiers, elle se mettra à la recherche de ces lignes si facilement repérables au Japon, et les trouvera bien présentes.

“Il y a de la beauté et une histoire dans le commun.”

Illustrer nos vie en prenant des photos est un exercice devenu très commun. Les réseaux sociaux se nourrissent de cela, des centaines de milliers de ‘clouds’ en sont pleins. Nous ponctuons nos vie avec des selfies. Il y a tant d’images qui nous entourent. Avons-nous toujours la capacité de vraiment les regarder ?

Illustrer son existence à un moment donné, dans un environnement donné est le thème principal de son oeuvre. C’est pourquoi à chacune de ses sorties, elle emmène un petit appareil photo rouge devenu son partenaire de travail.

“Je prends des photos des rues que je traverse, des lieux que je visite, des routes que j’emprunte, des gens qui autour de moi, vaquent à leurs occupations.” 

Circulez. 2012. Julie Harms.

Circulez. J.Harms. 2012.

“La plupart de ces photos resteront dans la mémoire de l’appareil. Elles mûrissent. C’est après une longue période, lorsque je les regarde de nouveaux, que les lignes apparaissent. Bien visibles partout ou dans un détail seulement. Je vois ces poubelles vertes près de l’arbre, et le bouquet de lignes qui les entoure. Je vois les couleurs qui recouvrent ces lignes et qui pour moi donnent à l’ensemble le mérite d’être peint car c’est magnifique.”

Julie Harms. 2015

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